Si Pékin contrôle le système exécutif de Hong Kong, la justice reste intouchable car elle garantit la réussite financière du territoire.

« Hong Kong c’est chez moi, j’en suis fier car elle incarne des valeurs uniques, introuvables en Chine populaire, et si la démocratie y est mise à mal, la justice résiste. » Wilson Leung, 37 ans, est avocat, fondateur du Progressive Lawyers Group (groupe des avocats progressistes), créé au lendemain du grand mouvement démocratique de 2014 auquel la Chine a répondu par une fin de non-recevoir : il n’y aura pas de réformes démocratiques du système électoral pour l’élection du chef de l’exécutif, qui restera choisi par un comité électoral dominé par Pékin.

« La majorité des avocats de Hong Kong sont démocrates, explique dans un anglais parfait Wilson, qui a fait ses études aux États-Unis, en Australie et en Grande-Bretagne, et notre conscience politique nous dicte de défendre les droits des citoyens. »

Éclairé, sophistiqué, ouvert sur le monde, il incarne, comme son épouse Rachel, ces jeunes Hongkongais à l’identité chevillée au corps, qui « aiment leur ville » et qui ne veulent pas la voir se dissoudre dans le continent chinois uniforme et sans libertés individuelles.

Une forteresse juridique

Face aux profondes turpitudes de l’histoire récente de Hong Kong, où la mainmise de Pékin se fait sentir dans de nombreux secteurs de la société, il est un secteur qui « tient toujours debout : notre système judiciaire ».

Qu’il soit profondément inspiré du système britannique, Wilson et Rachel n’en ont cure, les valeurs démocratiques prennent leur source en Europe : « Nos juges, magistrats et avocats sont formés dans les meilleures universités, et les milliers de Chinois continentaux venus s’installer à Hong Kong n’arrivent pas encore à rivaliser ni à fissurer notre forteresse juridique, solide pilier de notre système. »

En réalité si le monde entier fait confiance au monde des affaires de Hong Kong, c’est grâce à son système légal reconnu. « Un contrat signé à Hong Kong est solide parce que crédible, souligne Wilson Leung, contrairement au continent chinois où l’État interfère. »

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Dorian Malovic, à Hong Kong
Article originally appeared in La Croix on 17 July 2017